lundi 20 avril 2015

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Pour la deuxième fois de la semaine, et la dernière fois de la saison, j'emprunte le parc André Malraux pour filer aux Amandiers. Sur place je panique un peu, jusqu'à ce qu'on nous réunisse en petit groupe pour nous mener derrière le théâtre, dans l'atelier où a été installée une boite dans laquelle se jouera Blasted.
Le dispositif atteint rapidement ses limites. Écouter la pièce au casque, ça commence bien, mais ça finit par être très inconfortable, surtout qu'on nous a assis sur de petits bancs de bois sans dossier. On se pose la question de la frontière entre théâtre et cinéma, particulièrement devant cette actrice blonde si merveilleuse, mais le si célèbre quatrième mur qu'on prend ici en pleine tête finit par me gâcher un peu mon plaisir. Le texte a été adapté, j'ai mal au dos, bref j'ai envie de rentrer chez moi. 
Les jours suivants, vues beaucoup de belles choses. A Chaillot, j'angoisse un peu dans le grand foyer avant le début de Vanishing Point, il fait très chaud et les adolescentes qui prennent place à côté de moi me font redouter l'heure et quart qui va suivre. Et puis finalement pas. Avec la jubilation contagieuse de celui qui aime ce qu'il fait, Marc Lainé interroge lui aussi les liens entre théâtre et cinéma. La mayonnaise prend, le rythme de la bande originale jouée en live emballe, moins de cinq minutes et tout le monde est séduit par le destin terrible et les rêves de Suzanne. A Alfortville, c'est Camille de Sablet qui emporte le coeur de toute la salle dans le 20 novembre, un monologue ultra âpre de Lars Noren où Sebastian Bose prévient : il se tuera, mais il emportera ses anciens bourreaux d'école avec lui. J'en ressors sonnée, bouleversée par la délicatesse de celle qui aura réussi à faire répondre une jeune fille du public. 
L'exposition de Jérôme Zonder à la Maison Rouge, enfin,  m'emballe autant qu'elle m'angoisse un dimanche après-midi où le soleil cogne. Au milieu d'une forêt dense dessinée sur des bâches recouvrant les murs et le sol pour l'occasion, les images du conte cruel et onirique de Zonder s'enchaînent. Au milieu des images d'enfants ingénus mais ultra violents, armés de couteaux ou de bâtons qu'ils manient sur des camarades, un couloir intégralement noir à traverser. Terrifiant.

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