Un après-midi, le soulagement de pouvoir grappiller quelques heures sur les heures de travail qui est beaucoup moins passionnant que ce que j'aurais espéré. Le cœur vaguement serré, je pousse la porte de Lily of the Valley pour m'installer sur la petite banquette couverte de tissu fleuri et souffler un peu.Devant un thé au litchi, je sors de mon sac un recueil de nouvelles de Simonetta Greggio, regrettant un peu de ne pas le lire en plein été, à l'ombre d'un tilleul. Mais je n'ai jamais lu, en plein été, à l'ombre d'un tilleul. Le thé englouti je trottine gaillardement sous la pluie jusque chez Potemkine, en priant pour que le dvd repéré quelques jours plus tôt soit encore en rayon. Je le trouve quelques minutes plus tard, il faut croire qu'une vieille dame qui traduit des romans russes en allemand, ça n'intéresse plus grand monde.
Quelques jours plus tard, après avoir découvert l'itinéraire de Svetlana Geier, et ne me consolant pas de ne pas lire l'allemand, je glisse Nuits blanches dans mon lecteur de dvd. Je me souviens du garçon qui m'en avait parlé, dans une autre vie, un soir dans une salle de concert du onzième arrondissement, et la nostalgie débarque au galop, parce qu'à l'époque la vie n'était pas si moche que ça, et que j'aurais bien aimé qu'on soit amis, lui et moi. Marcello réussi à me faire oublier rapidement mes déboires sentimentalo-amicaux, dans un Livourne couvert de neige dont le noir et blanc tranchant me rappelle celui d'Ascenseur pour l'échafaud. Quand le générique défile, mes yeux se mouillent un peu. Moi qui n'aime ni Visconti et ses films de prince italien, ni les adaptations littéraires que je trouve généralement bien pâles, je viens de découvrir que je pouvais parfois me tromper.

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